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Section 3.2 La divisibilité dans les entiers

Si on prend deux nombres \(a,b\in \mathbb{Z}\text{,}\) on peut les additionner, les soustraire et les multiplier et le résultat sera encore un entier. La division est la seule des quatre opérations élémentaires qui n’est pas garantie de rester un entier. C’est peut-être ce qui en fait une opération si riche et si intéressante. Quand est-ce que la division de deux nombres va produire un entier? Comment le vérifier?
Dans cette section, on rappelle la notion de division entière, quotient et reste, on définit le plus grand commun diviseur et le plus petit commun multiple de deux nombres naturels, on montre l’algorithme d’Euclide pour calculer le plus grand commun diviseur.

Sous-section 3.2.1 L’opération de division

Soit \(a,b\) deux entiers. Si on divise \(a\) par \(b\text{,}\) le résultat peut être un entier, comme par exemple avec \(8/4=2\text{,}\) un rationnel, avec en exemple \(1/2\) ou même non défini, si on divise par \(0\text{.}\) On expliquera prochainement la raison pour laquelle le fait que la division par \(0\) est non définie est une bonne chose. Dans le cas où \(a/b\in \mathbb{Z}\text{,}\) donc où le résultat de la division produit un entier, on dit que \(b\) divise \(a\text{,}\) et on écrit \(b| a\) (la barre étant verticale et non pas oblique comme pour l’opérateur de division).

Définition 3.2.1. La divisibilité.

Soit \(a,b\in \mathbb{Z}\) avec \(b\neq 0\text{.}\) On dit que “\(b\) divise \(a\)” et on écrit \(b| a\) si le résultat \(a/b\) est un entier. On note que les quatre conditions suivantes sont équivalentes:
  • \(\displaystyle b| a\)
  • \(a=kb\) pour un certain \(k\in \mathbb{Z}\)
  • \(b\) est un facteur (ou diviseur) de \(a\)
  • \(a\) est un multiple de \(b\text{.}\)
Quand on écrit \(b| a\text{,}\) c’est soit vrai, soit faux selon \(a,b\text{.}\) On a donc une proposition. Pour écrire la négation de cette proposition, on peut utiliser la notation \(b\nmid a\) pour dire que \(b\) me divise pas \(a\text{.}\)

Exemple 3.2.2. Exemples de divisibilité.

On cherche la valeur de vérité des propositions suivantes.
  1. \(\displaystyle 4| 8\)
  2. \(\displaystyle 8| 4\)
  3. \(\displaystyle 0| 5\)
  4. \(\displaystyle 5| 0\)
  5. \(\displaystyle 12| 60\)
  6. \(\displaystyle -6| 48\)
  7. \(\displaystyle \forall n\neq 0\in \mathbb{Z},\, n| n^2\)
  8. \(\displaystyle \forall n\neq 0\in \mathbb{Z},\, n^2| n\)
  9. \(\displaystyle \exists n\in \mathbb{Z},\, n^2| n\)
Solution.
  1. L’énoncé est vrai puisque \(8/4=2\) et \(2\in \mathbb{Z}\text{.}\)
  2. L’énoncé est faux étant donné que \(4/8=1/2\) et que \(1/2\notin \mathbb{Z}\text{.}\)
  3. L’énoncé est faux, car non ne peut pas diviser par \(0\text{.}\)
  4. L’énoncé est vrai, car \(0=0\times 5\text{.}\) En fait, n’importe quel nombre \(k\in \mathbb{Z}\) non nul divise \(0\text{.}\)
  5. L’énoncé est vrai puisque \(12\) est un facteur de \(60\text{.}\)
  6. Le fait que le nombre est négatif ne pose pas de problème. On peut utiliser n’importe quelle des définitions équivalentes, par exemple \(48\) est un multiple de \(-6\text{,}\) spécifiquement \(-8\) fois \(-6\) et donc \(-6| 48\) est vraie.
  7. Puisque \(n^2=n\times n\text{,}\) on conclut que \(n\) est un facteur de \(n^2\) et donc que \(n| n^2\) peu importe la valeur de \(n\) non nulle. La proposition est vraie.
  8. Si on peut montrer une valeur de \(n\) qui ne respecte pas la condition, alors la proposition sera fausse. Par exemple, si \(n=2\text{,}\) c’est faux de dire que \(2^2| 2\) puisque \(2/4=1/2\) et ce n’est pas un entier. Donc la proposition est fausse.
  9. Si on arrive à trouver une valeur, la proposition d’existence sera vérifiée. En prenant \(n=1\text{,}\) on observe que \(1^2| 1\) et donc la proposition est vraie.

L’approche par étranglement.

Les valeurs numériques de l’exemple précédent étaient relativement petites qu’on savait si la relation de divisibilité était vraie assez facilement. Par contre, si on se demande est-ce que \(123\) divise \(881123\text{,}\) alors là ce n’est plus aussi évident. Comment peut-on procéder? On veut trouver un multiple de \(123\) qui donne \(881123\) ou montrer que c’est impossible. On peut essayer de procéder par étranglement. Si on fait \(123\times 10000=1230000\text{,}\) on obtient une valeur trop grande, alors que si on fait \(123\times 1000=123000\text{,}\) on obtient une valeur trop petite. Si un multiple existe, il se trouve nécessairement entre \(1000\) et \(10000\text{.}\) On essaie \(123\times 5000=615000\text{,}\) qui est encore trop petit. Avec \(123\times 7500=922500\text{,}\) on est maintenant trop haut. Le multiple s’il existe se retrouve donc entre \(5000\) et \(7500\text{.}\) On peut continuer de couper la poire en deux comme cela pendant un certain temps et éventuellement, on arrive à \(123\times 7163=881049\) qui est plus petit et \(7164\times 123=881172\) qui est trop grand. On conclut donc que \(881123\) n’est pas un multiple de \(123\) et donc \(123 \nmid 881123\text{.}\)
En prenant \(123\times 7163=881049\text{,}\) on remarque qu’on est à \(74\) entiers de la cible. On peut donc écrire \(881123=123\times 7163+74\text{.}\) Il se trouve qu’on peut généraliser se résultat pour obtenir la notion bien connue de division.
Pour trouver \(q\) et \(r\text{,}\) on peut procéder comme dans le paragraphe précédant la proposition 3.2.3, ou encore utiliser la méthode pour diviser enseignée au primaire.
On termine avec un exemple présentant des opérateurs de division sur Sage.

Calcul 3.2.4. La divisibilité et Sage.

Sage est capable de calculer facilement les entiers \(q\) et \(r\) de la proposition 3.2.3 grâce à deux opérateurs spéciaux. Si a/b produit la division usuelle, donnant un nombre rationnel lorsque \(b\nmid a\text{,}\) l’opération a//b elle produit le quotient \(q\) dans l’expression \(a=bq+r\text{.}\) Pour obtenir le reste, il faut utiliser a%b. La cellule ci-dessous illustre ces opérations.
Voici une version interactive de la cellule précédente.
À remarquer que lorsque \(b\) est négatif, Sage retourne un reste négatif alors que dans la proposition 3.2.3, on mentionne que le reste doit satisfaire \(0\leq r< \lvert b \rvert\text{.}\) Il existe tout de même un autre entier qui satisfait cette relation, qui entrainera une valeur du quotient différente.

Sous-section 3.2.2 Retour sur la conversion à partir de la base dix

Dans la section précédente, on a utilisé une méthode similaire à l’étranglement pour convertir un nombre de la base décimale aux bases binaire et hexadécimale. On peut utiliser l’écriture sous forme quotient et reste pour trouver les chiffres de l’écriture dans la nouvelle base. On montre l’idée générale avec un exemple concret, qu’on pourra généraliser facilement par la suite. On considère l’écriture de \(187\) dans la base deux, établie à l’exemple 3.1.5. On suppose que l’écriture de \(187\) a \(n\) chiffres. On remarque que
\begin{align*} 187&=d_n2^n+d_{n-1}2^{n-1}+\cdots d_12^1+d_02^0\\ &=2(d_n2^{n-1}+d_{n-1}2^{n-2}+\cdots d_12^0)+d_0\text{.} \end{align*}
Puisque \(q=d_n2^{n-1}+d_{n-2}2^{n-1}+\cdots d_12^0\in \mathbb{Z}\text{,}\) on voit que \(187=2q+d_0\) et donc, selon la proposition 3.2.3, le premier chiffre de l’écriture de \(187\) en binaire correspond au reste de la division de \(187\) par \(2\text{.}\) Ensuite pour trouver \(d_1\text{,}\) on répète avec le quotient \(q\text{.}\) Dans le cas de \(187\text{,}\) on a \(q=93\) et \(d=d_0=1\text{.}\) En continuant,
\begin{align*} 93&=d_n2^{n-1}+d_{n-1}2^{n-2}+\cdots d_12^0\\ &=2(d_n2^{n-2}+d_{n-1}2^{n-3}+\cdots d_22^1)+d_1\text{,} \end{align*}
on peut trouver \(d_1=1\) et le prochain quotient égal à \(46\text{.}\) Avec cela, on obtient \(d_2=0\text{,}\) amenant le quotient suivant à \(23\text{.}\) On obtient \(d_3=1\) et le quotient suivant vaut \(11\text{.}\) On continue avec \(d_4=1\) pour un quotient de \(5\text{,}\) puis d_5=1 pour un quotient de \(2\text{,}\) \(d_6=0\) pour un quotient de \(1\) et finalement, \(d_7=1\) pour un quotient de \(0\text{.}\) On peut donc écrire \(187=10111011_2\text{.}\)
Ce qui est bien avec le binaire, c’est que le reste se déduit facilement avec la parité du nombre divisé. Si celui-ci est pair, le reste est de \(0\) et s’il est impair, le reste est de \(1.\) On peut simplifier la procédure en écrivant les quotients et les restes dans un tableau. La colonne des restes correspond à l’écriture binaire du nombre, les nombres de droite à gauche se trouvant de haut en bas de la colonne. Afin d’illustrer, la conversion du nombre \(101=1100101_2\text{,}\) aussi de l’exemple 3.1.5 est donnée dans la table 3.2.5.
Table 3.2.5. Conversion de 101 en binaire avec la méthode des quotients et des restes
\(101\div\) \(2\)
Quotients Restes
\(50\) \(1\)
\(25\) \(0\)
\(12\) \(1\)
\(6\) \(0\)
\(3\) \(0\)
\(1\) \(1\)
\(0\) \(1\)
La procédure est la même pour les autres bases, mais les restes ne peuvent pas être déterminés aussi facilement qu’en regardant la parité.

Exemple 3.2.6. Conversion d’un nombre en base dix à un nombre en hexadécimale.

On veut convertir \(987654321\) en base hexadécimale, afin de valider l’exemple 3.1.11.
Solution.
On utilise une table dans laquelle on note les quotients et les restes. Ceux-ci peuvent être calculés avec Sage.
Table 3.2.7. Conversion de 987654321 en hexadécimale avec la méthode des quotients et des restes
\(987654321\div\) \(16\)
Quotients Restes
\(61728395\) \(1\)
\(3858024\) \(11=B\)
\(241126\) \(8\)
\(15070\) \(6\)
\(941\) \(14=E\)
\(58\) \(13=D\)
\(3\) \(10=A\)
\(0\) \(3\)
Le résultat est donc bel et bien \(987654321=3ADE68B1_{16}\text{.}\)

Sous-section 3.2.3 L’algorithme d’Euclide

Un concept important en théorie des nombres est celui du plus grand commun diviseur, ou pgcd. Le nom est assez évocateur de ce qu’il représente, mais voici une définition formelle.

Définition 3.2.8. Le plus grand commun diviseur.

Soit \(a,b\in \mathbb{Z}\) avec \(\lvert a\rvert +\lvert b\rvert\neq 0\) (les nombres ne sont pas tous les deux nuls). Le plus grand commun diviseur de \(a,b\text{,}\) noté \(\pgcd{(a,b)}\text{,}\) est un entier \(d\) qui satisfait les trois propriétés suivantes:
  1. \(d>0\text{;}\)
  2. \(d| a\) et \(d| b\text{;}\)
  3. Pour tout \(c\in \mathbb{Z}\text{,}\) si \(c| a\) et \(c| b\text{,}\) alors \(c\leq d\text{.}\)
Lorsque \(\pgcd{(a,b)}=1\text{,}\) on dit que \(a\) et \(b\) sont copremiers.
On peut trouver le \(\pgcd\) de deux nombres en donnant la liste de tous leurs diviseurs et en prenant le plus grand qu’ils ont en commun. Pour de petits nombres, cette approche est viable, mais pour de plus grands nombres, cela risque d’être inefficace et peu pratique. En fait, factoriser de très grands nombres est une opération difficile. Une grande partie de la sécurité informatique repose sur le fait qu’un même un puissance ordinateur ne peut pas factoriser facilement de très grands nombres. L’algorithme d’Euclide fournit une méthode plus efficace pour calculer le \(\pgcd\) de deux nombres. Avec de très grands nombres, ça peut être long, mais ça utilise des opérations qu’un ordinateur effectue facilement.

Exemple 3.2.10. Calcul d’un \(\pgcd\).

En utilisant l’algorithme d’Euclide, on veut calculer
  1. \(\pgcd{(402,312)}\text{;}\)
  2. \(\pgcd{(147,74)}\text{.}\)
Solution 1.
On a
\begin{align*} 402&=312\times 1+90\\ 312&=90\times 3+42\\ 90&=42\times 2+6\\ 42&=6\times 7+0 \text{.} \end{align*}
Selon l’algorithme d’Euclide, \(\pgcd{(402,312)}=6\text{,}\) le dernier reste non nul.
Solution 2.
Cette fois-ci, on a
\begin{align*} 147&=74\times 1+73\\ 74&=73\times 1+1\\ 73&=1\times 73+0\text{.} \end{align*}
Selon l’algorithme d’Euclide, \(\pgcd{(147,74)}=1\text{,}\) le dernier reste non nul. Ces nombres sont donc copremiers.
Les points importants de cette section sont:

Questions de compréhension de la lecture 3.2.4 Questions de compréhension de la lecture

Ces questions sont à faire avant de venir en classe et à remettre au début du cours.

1.

Écrire les divisions suivantes sous la forme quotient et reste. Utiliser la méthode par étranglement comme dans ce paragraphe.

2.

Écrire les divisions suivantes sous la forme quotient et reste. Utiliser la méthode de division à la main comme au primaire.

3.

Convertir les nombres de l’exercice 3.1.7.1 en binaire en utilisant la méthode des divisions.

4.

Convertir les nombres de l’exercice 3.1.7.2 en hexadécimale en utilisant la méthode des divisions.

5.

Que fait l’algorithme suivant?
Bloc de code 3.2.11. Un algorithme sur les entiers
def algo(n):
    laliste = [1]
    d = 2
    while d < n:
        if n % d == 0:
            laliste.append(d)
        d = d + 1
    if n > 1:
        laliste.append(n)
    return laliste

6.

L’algorithme suivant retourne un couple \(q,r\) représentant le quotient et le reste de la division \(a/b\text{,}\) mais il est incomplet. Pour chacun des quatre endroits écrits “ÀCOMPLÉTER”, écrire les instructions pour que l’algorithme fonctionne. Il est possible de le tester à même la cellule.
Bloc de code 3.2.12. La division euclidienne
def divisionEuclidienne(a, b):
    #Une algorithme qui retourne (q,r) la forme quotient reste de a/b:  a=bq+r
    if :#ÀCOMPLÉTER1
        print('Le quotient est non défini')
    elif a == 0:
        return #ÀCOMPLÉTER2
    else:
        s = b / abs(b) # le signe de b
        q=0
        r =a 
        if a > 0:
            
            while r - abs(b) >= 0:
                q = q + s
                r = #ÀCOMPLÉTER3
            return q, r
        else: #a <0
            while r < 0:
                q = q - s
                r = #ÀCOMPLÉTER4
            return q, r

7.

Noter toute question qui demeure suite à la lecture de la section et la résolution des exercices ci-dessus ou toute précision/clarification à apporter. Note: cette question est facultative.

Exercices 3.2.5 Exercices

À faire en classe

Ces exercices sont faits pour travailler en classe. Ils servent à approfondir les notions de la section et à atteindre les objectifs d’apprentissage plus avancés.
1.
Convertir les nombres suivants dans la base demandée en utilisant un tableau de division.
(a)
\(1775\) en binaire.
Réponse.
\(1775=110\ 1110\ 1111_2\)
Solution.
Table 3.2.13. Conversion de 1775 en binaire avec la méthode des quotients et des restes
\(1775\div\) \(2\)
Quotients Restes
\(887\) \(1\)
\(443\) \(1\)
\(221\) \(1\)
\(110\) \(1\)
\(55\) \(0\)
\(27\) \(1\)
\(13\) \(1\)
\(6\) \(1\)
\(3\) \(0\)
\(1\) \(1\)
\(0\) \(1\)
Ainsi, en lisant la colonne des restes du bas vers le haut, on obtient \(1775=110\ 1110\ 1111_2\text{.}\)
(b)
\(2730\) en binaire
Réponse.
\(2730=1010\ 1010\ 1010_2 \)
Solution.
Table 3.2.14. Conversion de 2730 en binaire avec la méthode des quotients et des restes
\(2730\div\) \(2\)
Quotients Restes
\(1365\) \(0\)
\(682\) \(1\)
\(341\) \(0\)
\(170\) \(1\)
\(85\) \(0\)
\(42\) \(1\)
\(21\) \(0\)
\(10\) \(1\)
\(5\) \(0\)
\(2\) \(1\)
\(1\) \(0\)
\(0\) \(1\)
Ainsi, en lisant la colonne des restes du bas vers le haut, on obtient \(2730=1010\ 1010\ 1010_2\text{.}\)
(c)
\(10632005\) en hexadécimale
Réponse.
\(10632005=A23B45_{16}\)
Solution.
Table 3.2.15. Conversion de 10632005 en hexadécimale avec la méthode des quotients et des restes
\(10632005\div\) \(16\)
Quotients Restes
\(664500\) \(5\)
\(41531\) \(4\)
\(2595\) \(11=B\)
\(162\) \(3\)
\(10\) \(2\)
\(0\) \(10=A\)
Ainsi, en lisant la colonne des restes du bas vers le haut, on obtient \(A23B45_{16}\text{.}\)
2.
Donner la liste de tous les diviseurs de chaque nombre et déduire le \(\pgcd\text{.}\)
(a)
\(27\) et \(72\text{.}\)
Solution.
L’ensemble des diviseurs de 27 est \(\{1,3,9,27\}\text{.}\)
L’ensemble des diviseurs de 72 est \(\{1,2,3,4,6,8,9,12,18,24,36,72\}\text{.}\)
Ainsi, \(\text{pgcd}(27,72)=9\text{.}\)
(b)
\(66\) et \(111\text{.}\)
Solution.
L’ensemble des diviseurs de 66 est \(\{1,2,3,6,11,22,33,66\}\text{.}\)
L’ensemble des diviseurs de 111 est \(\{1,3,37,111\}\text{.}\)
Ainsi, \(\text{pgcd}(66,111)=3\text{.}\)
(c)
\(60\) et \(100\text{.}\)
Solution.
L’ensemble des diviseurs de 60 est \(\{1,2,3,4,5,6,10,12,15,20,30,60\}\text{.}\)
L’ensemble des diviseurs de 100 est \(\{1,2,4,5,10,20,25,50,100\}\text{.}\)
Ainsi, \(\text{pgcd}(60,100)=20\text{.}\)
3.
Calculer le \(\pgcd\) des paires de nombres suivants en utilisant l’algorithme d’Euclide.
(a)
\(1988\) et \(1992\)
Solution.
\begin{align*} 1992\amp = 1988\cdot 1 + 4 \\ 1988\amp = 4\cdot 497 \end{align*}
Ainsi, \(\text{pgcd}(1992,1988)=4\)
(b)
\(1234\) et \(5678\)
Solution.
\begin{align*} 5678\amp = 1234\cdot 4 + 742 \\ 1234\amp = 742\cdot 1 +492 \\ 742\amp = 492\cdot 1 + 250\\ 492\amp = 250\cdot 1 + 242\\ 250\amp = 242\cdot 1 + 8\\ 242\amp = 8\cdot 30 + 2\\ 8\amp = 2\cdot 4 \end{align*}
Ainsi, \(\text{pgcd}(1234,5678)=2\)
(c)
\(1357\) et \(2468\)
Solution.
\begin{align*} 2468\amp = 1357\cdot 1 + 1111 \\ 1357\amp = 1111\cdot 1 +246 \\ 1111\amp = 246\cdot 4 + 127\\ 246\amp = 127\cdot 1 + 119\\ 127\amp = 119\cdot 1 + 8\\ 119\amp = 8\cdot 14 + 7\\ 8\amp = 7\cdot 1+1 \\ 7\amp = 1\cdot 7 \end{align*}
Ainsi, \(\text{pgcd}(1357,2468)=1\)
(d)
\(1272\) et \(1488\)
Solution.
\begin{align*} 1488\amp = 1272\cdot 1 + 216 \\ 1272\amp = 216\cdot 5 + 192\\ 216\amp = 192\cdot 1 + 24\\ 192\amp = 24\cdot 8 \end{align*}
Ainsi, \(\text{pgcd}(1272,1488)=24\)
(e)
\(2184\) et \(6138\)
Solution.
\begin{align*} 6138\amp = 2184\cdot 2 + 1770 \\ 2184\amp = 1770\cdot 1 + 414\\ 1770\amp = 414\cdot 4 + 114\\ 414\amp = 114\cdot 3 + 72\\ 114\amp = 72\cdot 1 + 42\\ 72\amp = 42\cdot 1 + 30\\ 42\amp = 30\cdot 1 + 12\\ 30\amp = 12\cdot 2 + 6\\ 12\amp = 6\cdot 2 \end{align*}
Ainsi, \(\text{pgcd}(6138,2184)=6\)
(f)
\(1339\) et \(7828\)
Solution.
\begin{align*} 7828\amp = 1339\cdot 5 + 1133 \\ 1339\amp = 1133\cdot 1 + 206\\ 1133\amp = 206\cdot 5 + 103\\ 206\amp = 103\cdot 2 \end{align*}
Ainsi, \(\text{pgcd}(7828,1339)=103\)
4.
Donner une explication intuitive du fait que si \(a,b\in \mathbb{N}\) sont des naturels non nuls et que \(\pgcd{(a,b)}=d\text{,}\) alors \(\pgcd{\left(\frac{a}{d},\frac{b}{d}\right)}=1\text{.}\)
Indice.
Si le \(\text{pgcd}\left(\frac{a}{d},\frac{b}{d}\right)\) était égal à \(c>1\text{,}\) que pourrait-on dire que \(d\text{?}\)
Solution.
Suppons \(\text{pgcd}\left(\frac{a}{d},\frac{b}{d}\right)= c > 1\text{.}\) Dans ce cas, on a que \(dc > d \text{.}\)
Aussi, on sait que \(\frac{a}{d}=cq_1\) pour \(q_1\in \Z\text{,}\) car \(c\left| \frac{a}{d}\right.\text{.}\)
De même, on a que \(\frac{b}{d}=cq_2\) pour \(q_2\in \Z\text{.}\)
Cela implique que \(a=q_1(dc)\) et \(b=q_2(dc)\text{,}\) c’est-à-dire que \((dc)|a\) et \((dc)|b\text{.}\) Ainsi, \(dc\) divise \(a\) et \(b\text{,}\) et \(dc > d\text{.}\) Or, cela contredit le fait que, \(d=\pgcd{(a,b)} \text{,}\) car \(d\) est le plus grand diviseur commun à \(a\) et \(b\text{.}\)
5.
L’algorithme d’Euclide permet de trouver le \(\pgcd\) d’entiers strictement positifs. On peut toutefois facilement étendre la notion aux entiers quelconques.
(a)
Montrer que si \(a>0\text{,}\) alors \(\pgcd(a,0)=a\text{.}\)
Solution.
Posons \(d=\text{pgcd}(a,0)\text{.}\) On sait que pour tout \(a \in \Z\text{,}\) si \(a\neq 0\text{,}\) alors \(a|0\) et \(a|a\text{.}\) Ainsi, par définition de \(d\text{,}\) on a que \(a\leq d\text{.}\)
De plus, puisque \(d|a\text{,}\) on a aussi que \(d\leq a\text{.}\) Ainsi, \(a\leq d \leq a\text{,}\) et donc \(a=d\text{.}\)
(b)
Montrer que si \(a<0\) et \(b\geq 0\text{,}\) alors \(\pgcd{(a,b)}=\pgcd{(|a|,b)}\text{.}\)
Solution.
Posons \(d_1=\text{pgcd}(a,b)\) et \(d_2=\text{pgcd}(|a|,b)\text{.}\) Ainsi, on sait que \(d_1|a\) et \(d_1|b\text{,}\) alors que \(d_2|(|a|)\) et \(d_2|b\text{.}\)
On a donc \(a=d_1q_1\) et \(|a|=-a=d_2q_2\) pour \(q_1,\ q_2\ \in \Z\text{.}\) En multipliant les deux égalités par \(-1\text{,}\) on obtient \(-a=|a|=d_1(-q_1)\) et \(a=d_2(-q_2)\text{,}\) c’est-à-dire que \(d_1|(|a|)\) et \(d_2|a\text{.}\)
Par définition de \(d_1\) et \(d_2\text{,}\) on a que \(d_1\leq d_2\leq d_1\text{,}\) et donc \(d_1=d_2\text{.}\)
(c)
Montrer que pour \(a,b\in \Z\text{,}\) on a \(\pgcd{(a,b)}=\pgcd{(|a|,|b|)}\text{.}\)
Solution.
Par ce qu’on a fait précédemment, il suffit de montrer que l’égalité est vraie pour \(a,b\lt 0\text{.}\)
Posons \(d_1=\text{pgcd}(a,b)\text{.}\) Ainsi, on sait que \(d_1|a\) et \(d_1|b\text{.}\) On a donc \(a=d_1q_1\) et \(b=d_1q_2\) pour \(q_1,\ q_2\ \in \Z\text{.}\) En multipliant les deux égalités par \(-1\text{,}\) on obtient \(-a=|a|=d_1(-q_1)\) et \(-b=|b|=d_1(-q_2)\text{,}\) c’est-à-dire que \(d_1|(|a|)\) et \(d_1|(|b|)\text{.}\)
Posons \(d_2=\text{pgcd}(|a|,|b|)\text{.}\) Ainsi, on sait que \(d_2|(|a|)\) et \(d_2|(|b|)\text{.}\) On a donc \(|a|=-a=d_2k_1\) et \(|b|=-b=d_2k_2\) pour \(k_1,\ k_2\ \in \Z\text{.}\) En multipliant les deux égalités par \(-1\text{,}\) on obtient \(a=d_2(-k_1)\) et \(b=d_2(-k_2)\text{,}\) c’est-à-dire que \(d_2|a\) et \(d_2|b\text{.}\)
Par définition de \(d_1\) et \(d_2\text{,}\) on a que \(d_1\leq d_2\leq d_1\text{,}\) et donc \(d_1=d_2\text{.}\)
6. Le lemme de Bézout.
Soit \(a,b\) des naturels non nuls tels que \(\pgcd{(a,b)}=d\text{.}\) Alors il existe \(x,y\in \Z\) tels que
\begin{equation*} d=ax+by \end{equation*}
Cette relation a des conséquences importantes en théorie des nombres. On montre dans cet exercice comment démontrer l’existence des entiers \(x,y\) et on explique comment on peut trouver de tels entiers.
(a)
On considère l’ensemble \(S=\{n\in \N~|~ n=ax+by \text{ avec } x,y\in \Z\text{ et } n>0\}\text{.}\) C’est donc l’ensemble des naturels plus grands que zéro qu’il est possible de former avec \(a,b\) en les combinant avec des entiers quelconques.
Montrer que \(S\) est non vide. En particulier, puisque \(S\) est un ensemble de nombres naturels, il existe un plus petit élément.
Solution.
Il suffit de montrer qu’il existe au moins une paire \((x,y)\in \Z\times \Z\) telle que \(ax+by > 0\text{.}\) Pour cela, on prend \(x=\frac{|a|}{a}\) et \(y=\frac{|b|}{b}\text{.}\) Dans ce cas, on a que \(ax=|a|\) et \(by=|b|\text{.}\) Ainsi, \(ax+by=|a|+|b| \gt 0\text{.}\) En effet, on rappel que \(a\) et \(b\) sont non nuls, et donc \(ax+by=|a|+|b| \neq 0\text{.}\)
(b)
On pose \(d_0\in S\) le plus petit élément de cet ensemble. On veut montrer que \(d_0|a\) et \(d_0|b\text{.}\)
On considère la division de \(a\) par \(d_0\text{,}\) qu’on écrit sous la forme quotient reste
\begin{equation*} a=d_0q+r\text{.} \end{equation*}
Montrer que \(r\in S\cup\{0\}\) en l’écrivant comme \(ax+by\) avec \(x,y\in \mathbb{Z}\text{.}\)
Solution.
Puisque \(d_0\in S\text{,}\) on peut écrire \(d_0=ax_1+by_1\) pour \(x_1,\ y_1\ \in \Z\text{.}\) Ainsi, on a
\begin{align*} a\amp = d_0q+r \\ a\amp = (ax_1+by_1)q+r \end{align*}
et donc
\begin{align*} r\amp = a-(ax_1+by_1)q \\ \amp = a(1-qx_1)+b(-qy_1)= ax+by \end{align*}
\(x=1-qx_1\ \in\ \Z\) et \(y=-qy_1\ \in\ \Z\text{.}\)
Ainsi, si \(r=0\text{,}\) alors \(r=0\in S\cup \{0\}\text{.}\) De l’autre côté, si \(r\neq 0\text{,}\) puisque \(r =ax+by\text{,}\) on sait que \(r\in S\text{.}\) En particulier, \(r\ \in S\cup \{0\}\text{.}\)
(c)
Utiliser le fait que dans la forme quotient reste, on a \(0\leq r< d_0\text{,}\) le fait que \(r\in S\cup\{0\}\) et le fait que \(d_0\) est le plus petit élément de \(S\) pour déterminer la valeur de \(r\text{.}\)
Solution.
On veut montrer que \(r=0\text{.}\) En effet, Puisque \(r\in S\cup\{0\}\text{,}\) si \(r\neq 0\text{,}\) alors \(r\in S\) et \(0\lt r \lt d_0\text{.}\) Or, si \(r\in\ S\text{,}\) alors par définition de \(d_0\text{,}\) on a que \(d_0\leq r\text{,}\) ce qui est impossible si \(0\lt r \lt d_0\text{.}\) On doit donc avoir \(r=0\text{.}\)
(d)
Conclure que \(d_0|a\text{.}\)
Solution.
Puisque \(r=0\text{,}\) on a que \(a=d_0q\text{,}\) et donc \(d_0|a\text{.}\)
(e)
Argumenter que \(d_0\) divise aussi \(b\) pour les mêmes raisons.
Solution.
On remplace \(a\) par \(b\) dans les parties \((b)\) à \((d)\text{,}\) et on obtient que \(d_0|b\text{.}\)
(f)
Le plus petit élément de \(S\) est donc un diviseur de \(a\) et \(b\text{.}\) On va maintenant montrer que c’est nécessairement le \(\pgcd\) de ces deux nombres.
Si \(c\) est un diviseur commun de \(a\) et \(b\text{,}\) montrer que \(c\) divise \(d_0\) en utilisant l’équation
\begin{equation*} d_0=as+bt \end{equation*}
pour certains \(s,t\in \mathbb{Z}\text{.}\) Si \(c|d_0\text{,}\) alors nécessairement \(c\leq d_0\text{,}\) ce qui complète la preuve.
Solution.
Si \(c|a\) et \(c|a\text{,}\) alors \(a=cq_1\) et \(b=cq_2\) pour \(q_1,\ q_2\ \in Z\text{.}\) Ainsi, on a
\begin{equation*} d_0=as+bt=cq_1s+cq_2t = c(q_1s+q_2t). \end{equation*}
Ainsi, \(c|d_0\text{,}\) car \((q_1s+q_2t)\ \in\ \Z\text{.}\) Ceci montre que \(d_0=\pgcd{(a,b)}\in S\text{.}\)

Exercices supplémentaires

7. Le plus petit commun multiple.
Soit \(a,b\in \Z\) deux entiers non nuls. On définit le plus petit commun multiple de \(a,b\text{,}\) noté \(\ppcm{(a,b)}\) comme étant le nombre \(m\) qui satisfait les propriétés suivantes:
  1. \(m>0\text{;}\)
  2. \(a|m\) et \(b|m\text{;}\)
  3. Pour tout \(n\in \mathbb{Z}\text{,}\) si \(a|n\) et \(b|n\text{,}\) alors \(m\leq n\text{.}\)
Calculer les plus petits communs multiples suivants.
(d)
\(\ppcm{(2^2\cdot 3,2\cdot 3^2)}\)
(e)
\(\ppcm{(2^4\cdot 3\cdot 4,2^2\cdot 3^3\cdot 7)}\)